[faisons connaissance]

Depuis août 2021, l’association a accueilli 25 nouveaux adhérents : 16 luthiers et 9 guitaristes.
Nous avons choisi de vous les présenter un par un, dans la série [faisons connaissance] sur les réseaux French Guitar Luthiers

Stefan Barrillon, Adrien Bernard-Reymond, Philippe Berne, Stan Blaineau, Alexandre Bourdonnais, Amélie Bouvret, Serge Buisson, Laurent Canaple, Philippe Cazaly, Arnaud Chamoret, Emeline Chevalier, Michel Courtial, Lucas Denis, Nadine Frati, Michel Genin, Nikk Giggs, Thomas Grumler, Hervé Lahoun, Thierry Le Guenne, Hugo Martin, Eric Michel, Emmanuel Mignot, Marc Serrand, Robin Thermoz-Liaudy, Sylvain Zbinden

Vous trouverez ici des textes complémentaires des posts…

 

 

Amélie Bouvret, luthière

Je m’appelle Amélie Bouvret, j’ai 40 ans et je viens de France.

Je viens d’une famille plutôt modeste.
Quand j’étais enfant, les guitares m’ont toujours fascinée.

Je voulais intégrer le conservatoire de Chalon-sur-Saône, mais malheureusement les places étaient rares et les cours particuliers trop chers.

Comme mon grand-père jouait de la trompette, et que les places au conservatoire étaient plus nombreuses, j’ai donc pu intégrer un cours de solfège et de trompette.


Mais ce qui m’intéressait vraiment, c’était la construction de guitares. Je suis une personne plutôt manuelle. Peu importe. Je vais réaliser ce que je veux vraiment, c’est-à-dire fabriquer des guitares.

Cette envie m’a suivi au fil des années.
En 2009, je me suis inscrite sur la liste d’attente pour intégrer le Cmb de Puurs. Après 4 ans d’attente, j’ai enfin pu partir seul en Belgique où j’ai eu la chance d’apprendre une partie du métier de luthier auprès de Walter Verreydt et Karel Dédain qui tiennent une place toute particulière dans mon cœur.

Ma première guitare était basée sur un modèle Torres. Puis j’ai choisi de faire une copie de Robert Bouchet et un modèle romantique de René Lacôte.
Plus tard, j’ai eu la chance de rencontrer Brunot Marlat à plusieurs reprises. Ce qui m’a permis de voir et d’observer des guitares originales de ces 2 luthiers parmi tant d’autres.
Durant mes 3 années passées en Belgique j’ai également participé au Leonardo Guitar Research Project qui consistait à fabriquer 2 guitares du même modèle mais une avec un bois exotique et la seconde non exotique. J’ai choisi le palissandre de Madagascar et le poirier.

Je suis rentré en France en 2016. Puis en 2017, j’ai décidé de m’installer en temps que luthier à Chalon-sur-Saône.

En octobre 2021 j’ai participé au concours de lutherie Antonio Marin à Grenade en Espagne où je suis arrivée 3ème. Ce podium m’a permis d’ouvrir les portes de Guitar salon international (GSI), basé à Santa Monica en Californie pour une première commande.

Sylvain Zbinden, luthier

Passionné par le bois et la musique dès le plus jeune âge, Sylvain Zbinden entreprend à 16 ans une formation en ébénisterie à l’École des Arts et Métiers de Genève. Il suit ensuite une formation de deux ans chez le luthier violon italien, Raphael Ramacciotti, diplômé de l’Ecole internationale de lutherie de Crémone.

En parallèle, il effectue un stage de marqueterie aux Arts et Métiers et accroît ses compétences techniques dans le domaine du son en suivant les cours du SAE Institute à Genève.

En 2008, Sylvain Zbinden est admis dans l’atelier de Claude Fouquet, luthier guitare reconnu, pour une formation de neuf mois. Au terme de cette expérience déterminante, il installe son propre atelier de lutherie dans le Pays de Gex (01).

Avec son atelier, Sylvain Zbinden perpétue la tradition en poursuivant l’œuvre de son maître, Claude Fouquet, aujourd’hui disparu, tout en cherchant sa propre voie de luthier. Il construit toutes les acoustiques avec un penchant pour les petits modèles type 00, 000 et 0M qu’il affectionne pour leur équilibre sonore et leur confort.

En 2019, Sylvain Zbinden s’installe à La Rochelle (17) et ouvre en 2021 un nouvel atelier aux « Cabanes urbaines » près de la Médiathèque. Sa gamme de guitares est toujours inspirée des guitares Martin et des C. Fouquet mais avec une orientation au fil du temps vers de nouvelles créations plus personnelles.

Par engagement pour la planète, il propose, en plus des bois habituels comme le palissandre ou l’acajou, des bois locaux comme le noyer, le cerisier, le poirier ou l’érable.

 

Stefan Barrillon, luthier

Après une formation aux Etats Unis en 1995, j’ouvre mon atelier à mon retour en 1996, au départ dans le garage familial. En 1998, déménagement dans un lieu plus grand où je vais développer dans un premier temps les guitares électriques Tactile puis les basses Cyclop et Cerbère que je décline en 4,5,6, et même 7 cordes. Je fais également la connaissance de Nicolas Mercadal qui à l’époque reprenait la fabrication des micros BENEDETTI. Notre collaboration, même si l’on n’est plus sous le même toit, continue encore aujourd’hui

En 2007, je saute sur l’opportunité d’ouvrir le show room d’instruments de luthier “Guitares d’en France” qui, comme son nom l’indique, est un lieu où l’on peut trouver toutes sortes d’instruments artisanaux. Cela part du constat que les magasins de musique traditionnels ne sont pas intéressés par l’artisanat et ne savent pas vraiment vendre le genre de guitare qui en est le produit. Ce show room est d’ailleurs ouvert à tous les luthiers installés.

Celia Enoc vient m’épauler dans cette nouvelle aventure et, une fois sa formation terminée, reprends Guitares d’en France en 2009. Cela me permet de me consacrer alors uniquement à la fabrication, d’abord électrique ; puis rapidement je fabrique des Guitares sur mesure folk, jazz ou nylon.

Cette année 2022 est marqué par l’emménagement dans un nouvel atelier, beaucoup plus grand et fonctionnel que le précédent, équipé d’une ligne de vide d’air, d’air comprimé, d’une aspiration centralisée… Ce nouvel atelier marque également un changement dans le type de fabrication que je réalise : d’une volonté de fabrication sur mesure je suis passé à une volonté de développer des instruments plus personnels. Les meilleures guitares que j’ai fabriquées sont celles dont j’ai rêvé.

 

Le modèle Oméga est à la base de ce choix ; je ne prends donc plus de commandes, je préfère réaliser des guitares qui me ressemblent et dont je suis l’initiateur et les proposer à la vente. Ainsi les guitares que je propose ont plus de caractère et d’identité qu’une vague copie de Martin OM ou de Gibson J200.

Ce qui est certain c’est qu’au bout de 27 ans de métier et après plus de 200 guitares fabriquées, je prends toujours autant de plaisir à tordre, sentir, cintrer, râper, taper, raboter, poncer, vernir le bois venu d’ici ou là, du champ d’à côté ou de l’autre côté du monde.

Ame Lutherie, Eric Michel

Un petit supplément d’âme !

Le nom Ame de mon atelier de lutherie est l’acronyme de « Atelier Michel Eric ».

Je me nomme Eric Michel et l’âme de mon travail est de redonner à l’arbre abattu une énergie plus dynamique, plus fluide que celle que peut contenir un simple morceau de bois.

Pour aller un peu plus loin, comme certains peuples remercient l’animal abattu devenu gibier pour se nourrir, mon geste et ma démarche reviennent à peu près au même. Je remercie le sacrifice d’un élément de la forêt en tentant de lui insuffler de la vie en le faisant résonner le plus agréablement possible, lui redonnant un peu d’âme, et le musicien exprimant à travers lui ses états d’âme.

Cette démarche, ce travail, doit se faire avec le moins de contrainte possible, sans forcer le bois à aller où il ne veut pas, sans lui infliger une seconde violence après l’abattage.

 

On voit donc que le hasard de l’acronyme n’en est plus un !

Dans cette optique, je privilégie pour la construction de mes guitares peu de matériaux autres que le bois, peu de produits issus de la pétrochimie, et je m’efforce de choisir des bois dont la traçabilité est connue, et dans la mesure du possible, du bois local.

Il résulte majoritairement des guitares non teintes, non vernies mais huilées ou vernies au tampon gomme laque, afin de respecter la philosophie de mon travail.