Association Professionnelle des Luthiers artisans
en Guitare et autres cordes pincées

BOIS DE LUTHERIE

MIEUX COMPRENDRE, MIEUX CONNAITRE LES BOIS DE LUTHERIE POUR MIEUX LES PRESERVER

Les instruments de musique sont impactés de plein fouet par la frénésie humaine qui consiste à puiser toutes les ressources naturelles de notre planète sans avoir le bon sens de les renouveler !

Le constat est bien réel et très inquiétant, nous sommes arrivés au stade où toute la ressource bois utilisée pour fabriquer des instruments de musique diminue chaque année et de façon irréversible pour certaines espèces qui sont majoritairement et massivement employées par d’autres secteurs d’activités comme le mobilier.

Les instruments de musique deviennent un véritable dommage collatéral du fait qu’ils utilisent une infime partie des bois coupés et exportés. La guitare est particulièrement impactée car le bois, principale matière première, ne fait qu’un avec l’instrument et la diversité des espèces utilisées fait partie intégrante de son histoire depuis des siècles.

Les réglementations comme la CITES, qui contrôlent le commerce international des espèces menacées de la faune et de la flore, tendent bien heureusement à protéger de plus en plus d’espèces. Mais le mécanisme économique qui consiste à remplacer une espèce protégée par une autre similaire qui n’est pas réglementée, accélère le processus d’épuisement de la ressource avec le risque qu’elle devienne très rapidement interdite de tout commerce.

L’alternative des bois locaux pour les luthiers guitares, par exemple, est également devenue une problématique à maîtriser compte tenu de l’enrésinement et de l’industrialisation du bois avec la disparation des espèces à croissance lente au profit d’espèces à croissance rapide. S’ajoute à cela que les bois français d’ouvrage et de lutherie se retrouvent majoritairement à l’export pour revenir en France sous forme de produits finis, ne laissant à l’artisan luthier qu’un stock existant qu’il deviendra de plus en plus difficile à renouveler.

La situation est donc plus qu’alarmante et il nous faut agir pour participer à préserver cette ressource naturelle si importante pour l’avenir de notre métier d’art et de nos instruments.

Quelles sont les espèces en danger des bois de lutherie utilisés en guitare ?

Légendes des statuts de la liste rouge (red list) de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature

Pour chaque espèce, le statut de conservation UICN et statut CITES seront mentionnés.

La liste rouge (red list) l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature – UICN : Créée en 1964, la Liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature est devenue la source d’information la plus complète au monde sur le statut mondial des espèces animales, fongiques et végétales en matière de conservation.

La liste rouge de l’UICN est utilisée par les agences gouvernementales, les départements de la faune, les organisations non gouvernementales (ONG) liées à la conservation, les planificateurs des ressources naturelles, les organisations éducatives, les étudiants et le monde des affaires. Le processus de la liste rouge est devenu une entreprise massive impliquant le personnel du Programme mondial des espèces de l’UICN, des organisations partenaires et des experts de la Commission de la survie des espèces de l’UICN et des réseaux de partenaires qui compilent les informations sur les espèces pour faire de la Liste rouge de l’UICN le produit indispensable qu’elle est aujourd’hui.

A quoi correspond le statut UICN d’une espèce ?

On retrouve beaucoup de bois de lutherie menacés mais non réglementés à ce jour (cellules en jaune).

Dernière mise à jour : le 14 août 2019 – cette page est régulièrement mise à jour (LISTE NON EXHAUSTIVE)

  • 120 espèces ont été identifiées pouvant être utilisées dans la fabrication d’une guitare ;
  • 76 d’entre-elles, 63%, sont des espèces tropicales ;
  • 39% des 120 espèces ont un statut préoccupant ;
  • 57% des 76 espèces tropicales ont un statut préoccupant ;
  • 32% seulement des espèces qui ont un statut préoccupant (tropicales ou non) sont réglementées par la CITES ;
  • 68% des espèces qui ont un statut préoccupant continuent donc d’être exploitées et commercialisées malgré leur statut UICN équivalent ou supérieur à « Quasi menacée ».